La vague de faillites ne s'atténuera pas avant 2027, prévient un rapport d'Atradius à l'intention du secteur des transports.
Le dernier rapport Atradius Insolvency Outlook prévoit une hausse de 5 pour cent du nombre mondial de faillites en 2026, et aucune amélioration durable ne devrait être attendue avant le second semestre 2027. Le secteur européen du transport et de la logistique est particulièrement exposé — les coûts élevés de l’énergie, la pression salariale et les retards de paiement créent un environnement exceptionnellement propice aux faillites en cascade. Les entreprises du secteur doivent immédiatement renforcer leurs processus de vérification des contreparties et de révision des limites de crédit, en accordant une attention particulière aux partenaires du Royaume-Uni et de Roumanie.

Le nombre mondial de faillites non seulement ne diminue pas, mais il s'accélère. Selon le dernier rapport Atradius Insolvency Outlook, publié en octobre 2026, un renversement durable de cette tendance n'est pas attendu avant le second semestre 2027. Pour les entreprises du secteur des transports et de la logistique déjà présentes dans le monde entier, la situation est préoccupante.rodoDans un contexte de coûts élevés et de marges réduites, cette prévision sonne comme un nouveau signal d'alarme exigeant une réponse immédiate en matière de gestion du risque de contrepartie.
Cinq pour cent de faillites supplémentaires en 2026 – Prévisions optimistes révisées
Au début de cette année, de nombreux analystes espéraient une reprise progressive de l'économie mondiale après une période de forte instabilité. Cependant, un rapport publié en octobre par l'assureur-crédit néerlandais Atradius revoit radicalement ces prévisions. Selon les dernières estimations, le nombre de faillites dans le monde augmentera de 5 % en 2026 par rapport à l'année précédente. Un recul n'est attendu qu'en 2027 (estimé à 4 %), mais les premiers signes tangibles de normalisation n'apparaîtront qu'au second semestre de l'année prochaine.
Il s'agit d'une correction importante par rapport aux scénarios précédents, plus optimistes. Cela signifie que les entreprises, notamment celles du transport et de la logistique opérant en B2B, doivent s'attendre à une période prolongée d'augmentation des risques de paiement et de crédit pour leurs sous-traitants. La fenêtre d'opportunité pour un allègement macroéconomique est fermée au moins jusqu'à mi-2027.
Qu’est-ce qui provoque cette vague de faillites ? Un mélange toxique de facteurs macroéconomiques et géopolitiques.
Les experts d'Atradius pointent du doigt plusieurs facteurs parallèles et se renforçant mutuellement qui, ensemble, créent un environnement extrêmement défavorable.rodoune plateforme pour les entreprises présentes presque partout dans le monde :
- Des coûts d'exploitation constamment élevés — notamment la hausse constante des prix de l’énergie, qui frappe particulièrement le secteur des transports, directement dépendant du coût des carburants et de l’électricité.
- Les tensions commerciales s'intensifient — La montée du protectionnisme, les nouvelles barrières tarifaires et l'incertitude qui règne dans les chaînes d'approvisionnement mondiales limitent les volumes d'expédition et compliquent la planification financière.
- Conditions restrictives pour le financement extérieur — Le niveau élevé des taux d'intérêt dans les principales économies signifie que le coût du service de la dette reste extrêmement élevé et que l'accès à de nouveaux capitaux est fortement limité.
- Affaissement de la demande des consommateurs — Dans de nombreuses économies européennes, les revenus réels des ménages restent sous pression en raison de l'inflation cumulée des années précédentes, ce qui se traduit par une baisse de la demande de biens et de services transportés par les transporteurs européens.
Theo Smid, économiste principal chez Atradius, commente directement la situation :rodoLe contexte économique demeure très difficile, et les pressions sur les coûts des intrants ainsi que les tensions commerciales ne montrent aucun signe d'apaisement. Les données de l'année en cours confirment clairement que la hausse du nombre de faillites n'est pas un phénomène temporaire, mais une tendance durable qui persistera au cours des prochains mois.
Le darwinisme des marchés, ou pourquoi un déclin en 2027 n'est pas une raison d'être optimiste
La baisse de 4 % prévue des faillites mondiales d'ici 2027 pourrait sembler une bonne nouvelle. Cependant, une analyse approfondie des mécanismes sous-jacents incite à la prudence. Ce déclin ne sera pas le résultat d'une véritable reprise économique ni d'une amélioration des fondamentaux macroéconomiques. — ce sera principalement la conséquence d'une sorte d'« assainissement » du marché.
Les entreprises les plus fragiles, les plus endettées et les moins flexibles disparaîtront tout simplement d'ici début 2027. Celles qui ont prospéré grâce au crédit bon marché pendant des années et qui n'ont pas su adapter leur structure de coûts à cette nouvelle réalité plus difficile s'évaporeront du marché. Les entreprises qui survivront à cette phase brutale et sélective seront, par définition, plus fortes – mais leur survie se fera au prix de la faillite et de la restructuration de centaines, voire de milliers, d'acteurs plus fragiles sur chaque marché.
Pour les créanciers et les gestionnaires de risques de crédit, il est important de faire la distinction suivante : la baisse statistique des faillites ne doit pas être confondue avec la fin de la crise. Si l’année 2027 connaîtra moins de faillites, ce n’est pas parce que la situation s’améliorera, mais parce que les entreprises qui étaient censées faire faillite auront déjà fait faillite.
Europe : un tableau contrasté des risques régionaux
Le rapport d'Atradius ne considère pas l'Europe comme une zone de risque unique, et à juste titre. La gravité des problèmes d'insolvabilité varie considérablement d'une région à l'autre, un facteur crucial pour les entreprises qui choisissent leurs partenaires commerciaux ou envisagent de s'implanter sur de nouveaux marchés.
Royaume-Uni : Niveaux de faillites historiquement élevés
Les analystes d'Atradius suivent de près la situation au Royaume-Uni, où le nombre de faillites demeure à des niveaux historiquement élevés. Cette situation s'explique par trois facteurs interdépendants : l'accumulation massive de dettes pendant la pandémie de COVID-19 (lorsque le gouvernement a massivement soutenu les entreprises par le biais de prêts et de garanties), le coût toujours très élevé du service de ces dettes dans un contexte de taux d'intérêt élevés, et la faiblesse chronique de la demande des consommateurs dans l'économie post-Brexit.
Pour les entreprises de transport polonaises et d'Europe centrale qui effectuent des transactions régulières avec des partenaires britanniques ou qui opèrent sur des lignes à destination et en provenance des îles Britanniques, La situation au Royaume-Uni devrait être considérée comme un signal pour renforcer les procédures de vérification et raccourcir les délais de paiement.Le risque de contrepartie du côté britannique est actuellement nettement supérieur à la moyenne européenne.
Roumanie : un des rares marchés où l'on prévoit une nouvelle augmentation des faillites
La Roumanie se distingue également sur la carte des risques européens, et ce, de manière préoccupante. Les experts d'Atradius la considèrent comme l'un des rares marchés du continent où non seulement aucune stabilisation n'est prévue, mais où une augmentation continue et soutenue des faillites est même attendue. Ce phénomène est alimenté par des pressions budgétaires cumulatives (déficits budgétaires croissants et risques pesant sur les finances publiques), l'instabilité politique et l'inflation structurelle, qui érode les marges opérationnelles des entreprises locales.
La Roumanie représente un marché important pour le transport routier européen, à la fois comme pays de transit majeur et comme marché comptant un grand nombre de transporteurs actifs opérant sur tout le continent. Les gestionnaires de risques doivent donc faire preuve d'une prudence accrue lorsqu'ils évaluent des partenaires commerciaux roumains.
Europe centrale et orientale contre Europe occidentale
Plus largement, l'Europe (dans son ensemble) et la région Asie-Pacifique peuvent s'attendre à une baisse plus marquée des faillites – de 5 % – en 2027, tandis que l'Amérique du Nord connaîtra une baisse plus modérée de 35 %. Cette divergence laisse penser que l'économie européenne devrait se redresser relativement plus vite, à condition toutefois qu'aucun nouveau choc externe ne survienne, comme une nouvelle escalade des tensions commerciales ou une forte hausse des prix de l'énergie.
Secteur des transports et de la logistique : En première ligne
De tous les secteurs de l'économie européenne, les transports et la logistique se trouvent dans une situation particulièrement difficile. Le rapport Atradius identifie clairement ce secteur comme particulièrement vulnérable aux conditions macroéconomiques actuelles – et ce n'est pas un hasard.
La nature des modèles économiques des entreprises de transport fait qu’elles sont touchées de manière disproportionnée par chacun des facteurs de risque identifiés dans le rapport :
- prix de l'énergie Le carburant représente l'un des principaux postes de dépenses pour tout transporteur. Sans mécanismes de couverture efficaces, les fluctuations du prix du diesel ont un impact direct sur la rentabilité des commandes.
- Pression salariale — La pénurie de chauffeurs professionnels en Europe occidentale alimente depuis des années la hausse des salaires dans le secteur, limitant les marges opérationnelles même lorsque la flotte est pleine.
- Ralentissement du commerce internationalrodowym — des volumes de fret plus faibles se traduisent directement par des revenus inférieurs pour les entreprises de transport, sans diminution proportionnelle des coûts fixes (location, assurance, personnel).
- Retards de paiement des clients — Dans un contexte de tensions financières générales, les entreprises retardent de plus en plus le règlement des factures, ce qui entraîne de dangereux retards de paiement dans la chaîne logistique.
Ce dernier point mérite une attention particulière. Les goulets d'étranglement des paiements dans le secteur des transports sont de nature en cascade Un seul client peu fiable peut, en quelques semaines, priver une petite ou moyenne entreprise de transport de sa trésorerie, l'obligeant à faire défaut sur ses obligations envers une société de leasing, une station-service ou les douanes. L'effet domino se propage alors aux maillons suivants de la chaîne d'approvisionnement, déstabilisant des entreprises pourtant déjà en bonne santé financière.
Implications pratiques pour la gestion des risques dans le transport et la logistique
Pour les gestionnaires de risques, les propriétaires d'entreprises de transport et les spécialistes des comptes clients opérant dans lerodoDans le contexte décrit par le rapport Atradius, il est crucial de passer d'un modèle de gestion du risque de contrepartie réactif à un modèle proactif. Les domaines spécifiques nécessitant une attention immédiate sont les suivants :
1. Renforcement des procédures de vérification des entrepreneurs (KYC)
Les vérifications classiques des registres et de l'historique des paiements sont aujourd'hui clairement insuffisantes. Dans le contexte actuel, un suivi régulier de la santé financière des principaux prestataires est essentiel : il doit notamment inclure les états financiers à jour, les changements de structure de propriété, les informations sur les procédures judiciaires en cours et les signaux d'alerte précoce (par exemple, des modifications soudaines des conditions de paiement, un renouvellement de la direction ou un inventaire des actifs). Des plateformes comme EURODEBT.eu fournissent ce type de données en temps réel, permettant ainsi d'agir préventivement avant qu'un problème ne dégénère en faillite.
2. Révision des limites de crédit commercial
Les limites de crédit accordées aux entrepreneurs il y a un an ou deux peuvent aujourd'hui être totalement inadaptées à leur situation financière actuelle.rodoFace à la multiplication des faillites, il est essentiel de réexaminer et d'ajuster régulièrement les limites de crédit accordées (trimestrielles, voire mensuelles pour les clients à haut risque). Les clients du Royaume-Uni et de Roumanie, où le risque sectoriel est le plus élevé, requièrent une attention particulière.
3. Raccourcissement et durcissement des délais de paiement
En période de risque systémique accru, des délais de paiement standard de 30, 60 ou 90 jours peuvent engendrer une exposition excessive au risque. Il est judicieux d'envisager de renégocier les conditions commerciales avec les contreparties considérées comme plus risquées : raccourcir les délais de paiement, proposer des avances ou des paiements anticipés partiels, et éventuellement exiger des garanties sous forme de cautions bancaires ou d'assurance-crédit.
4. Diversification du portefeuille clients
Concentrer les revenus entre les mains d'un ou de quelques grands prestataires accroît toujours les risques, mais dans le contexte actuel, c'est particulièrement dangereux. Les entreprises de transport et de logistique doivent s'efforcer d'élargir leur clientèle afin que la faillite potentielle, même du plus important client, ne menace pas la survie de l'ensemble de l'entreprise.
5. Assurance-crédit
Les produits d’assurance-crédit proposés par des acteurs tels qu’Atradius, Euler Hermes (Allianz Trade) et Coface gagnent en popularité dans ce contexte.rodoSkowice n'est pas un luxe, mais un élément judicieux de la gestion des risques financiers. Il convient d'analyser si la politique actuelle correspond à l'exposition réelle de l'entreprise et, dans le cas contraire, d'envisager sérieusement sa mise en œuvre.
Perspectives 2027 : Qu’attend le secteur une fois le marché « nettoyé » ?
Bien que la situation actuelle soit résolument sombre, il est judicieux d'envisager l'année 2027 avec un optimisme constructif, tout en restant pleinement conscient des risques. Les entreprises qui survivront à cette période difficile entreront sur le marché une fois que les acteurs les plus fragiles en auront été écartés. Paradoxalement, une concurrence réduite et des barrières à l'entrée plus élevées pourraient créer des conditions plus favorables au redressement des marges et au renforcement des positions sur le marché pour celles qui parviendront à maintenir leur liquidité financière au cours des 12 à 18 prochains mois.
La clé de la survie – et de la capacité à tirer parti des opportunités qui se présenteront après la vague de faillites – réside dans le maintien d'une liquidité financière dès maintenant, durant la phase la plus difficile du cycle. Cela exige une gestion rigoureuse des créances, une vérification proactive des prestataires et une réactivité face aux premiers signes d'alerte.
Résumé : Il est temps de renforcer les processus, et non d'attendre.
Les Perspectives d'insolvabilité d'Atradius pour octobre 2026 dressent un tableau sans équivoque : le marché mondial entre dans une période prolongée de faillites en hausse, le secteur européen des transports et de la logistique étant au cœur du phénomène. Tout espoir de reprise macroéconomique rapide est vain ; une amélioration structurelle ne se produira qu'après un processus de sélection du marché douloureux qui durera au moins jusqu'à mi-2027.
Pour les gestionnaires de risques et les propriétaires d'entreprises de transport, le message est clair : Il est temps de renforcer les procédures de vérification des fournisseurs, de revoir les limites de crédit et de surveiller activement les portefeuilles clients, en particulier ceux du Royaume-Uni, de Roumanie et de l'ensemble du secteur des transports européen. Les retards de paiement dans le contexte actuel sont préoccupants.rodoprésentent une tendance exceptionnellement élevée à dégénérer en procédures de faillite, et le temps de réaction du créancier est une variable clé déterminant le montant des pertes finales.
Les plateformes de vérification, les notations des contreparties et les audits réguliers des portefeuilles de créances ne sont pas des outils d'aide optionnels ; ils constituent désormais le fondement absolu d'une conduite responsable des affaires dans le secteur des transports et de la logistique en Europe.






